dimanche 26 août 2007

Traîne, traîne, traîne donc...

! Âmes sensibles s'abstenir !

Pour raconter l'histoire depuis le début, remontons au 24 juillet dernier (schlouboulouboulowouïng - bruit de remontage dans le temps). Or donc, en ce beau mardi d'été, je m'étais fermement décidé à faire pousser des radis dans mon jardin. D'après ce que j'avais pu lire à gauche et à droite, les radis sont des légumes très faciles à réussir et qui poussent vite, ce qui ne gâche rien étant donné que l'été n'est pas le moment le plus propice pour entamer une procédure potagère. Nous devions donc déguster mes premiers légumes 4 semaines plus tard, chouette alors, on en salive déjà avant même d'avoir défriché une parcelle de terrain.
Je procède donc au défrichage d'une parcelle pour le moins modeste (délimitée à l'aide d'un des encadrements de l'emballage de notre frigo SMEG gagné à un concours Leerdammer - ils ont bien mérité ce petit coup de pub) et y plante mes graines achetées au GB quelques jours auparavant.
Quelques jours plus tard - cinq, pour respecter les recommandations diverses glanées à gauche et à droite (encore) -, après avoir régulièrement arrosé mes semis bien consciencieusement, je procède à l'éclaircissement de mes plantules, parce que comme tout bon débutant que je suis, j'ai mis trop de graines et les pousses sont trop serrées. Ca fait mal au cul, mais y paraît que c'est indispensable.



J'illustre les deux étapes (au-dessus avant éclaircissement, en-dessous après) pour bien vous imprégner de tout le processus avant d'arriver à la conclusion dramatique de ce récit (un peu de patience, ça arrive bientôt).
Jusqu'ici, tout va bien, tout s'est déroulé comme prévu, l'impatience est à son comble mais nous nous targuons d'être quelqu'un de raisonnable et prenons notre mal en patience. Si ça continue comme ça, on aura bientôt une bonne vingtaine de radis du jardin dans notre assiette (trois rangées de 7 ou 8 radis chacune, c'est pas énorme, mais ça suffira pour une première expérience).
Mais.
C'était compter sans la perfidie de dame Nature, notre mère à tous, chérie et honnie à la fois. Parce que nos amis les légumes ont, eux aussi, des prédateurs. Et si ces derniers n'ont pas la célérité et la prestance du guépard lancé à la poursuite de la gazelle, ils n'en sont pas moins dévastateurs. Les plus scouts d'entre vous l'auront déjà compris d'après le titre de ce post, je veux bien sûr parler des LIMACES. Ces fourbes gastéropodes se repaissent la nuit, laissant au cultivateur en herbe (vous pouvez rire, le jeu de mot est intentionnel) l'unique option de se gratter la tête le lendemain en se demandant "mais qu'est-ce qui a bien pu arriver à mes radis qui étaient en pleine forme pas plus tard qu'il y a deux jours ?"
Alors, j'ai évidemment assez vite cerné la cause des ravages (même si certaines mauvaises langues accusaient les oiseaux... allez comprendre), mais étant donné ma faculté de procrastination, voilà que les jours passent et qu'il n'y a plus que 5 ou 6 radis en état de survie (rappel : au départ y en avait plus de 20). Il ne reste plus grand chose à sauver, si ce n'est l'honneur, mais je place le mien suffisamment haut pour réagir. Laissant tomber les bons conseils du style récipient rempli de bière (ça marche peut-être très bien, mais notre pendaison de crémaillère avait réduit notre stock à zéro unité, je n'ai donc pas pu tester), vendredi (avant-hier), je passe tout de suite à l'artillerie lourde : le KB Limace "S", produit plutôt balèze si on en croit l'emballage ("conserver à l'écart des aliments et boissons y compris ceux pour animaux", "ne pas manger, boire ou fumer pendant l'utilisation", "ne pas contaminer les étangs, cours d'eau ou les fossés avec le produit ou l'emballage vide").
Hier, je ne suis pas allé dans le jardin.
Ce soir, je vais aux radis, pour les arroser car il n'a pas plu aujourd'hui. C'est là que je vois la pire scène d'horreur qu'il m'ait été donné de voir. Elles se sont battues jusqu'au dernier, déployant tout leur courage. Mais les petits granulés bleus ont été les plus forts. Je ne résiste pas au plaisir de partager cette vision cataclysmique avec vous. "Ooooh, les pauvres" comme dirait Sam. (petite précision, entretemps, j'avais planté d'autres graines dont quasi aucune n'a pris, le cadre en bois est à présent autour de cette 2e parcelle) :


Malheureusement, les photos ne témoignent pas assez bien de la scène. Tout d'abord, il y avait à peu près 15 fois plus de limaces que je n'osais le croire (je devrais dire "il y a" parce que je n'ai pas encore eu le courage de les ramasser... beurk). Ensuite, on ne le voit pas bien, mais sur la première photo, au coin de la parcelle (là où j'avais mis le plus de granulés), il y a une substance jaune. Imaginez-vous un éléphant qui se serait mouché dans l'herbe. Eh bien c'est ça, mais en pire. D'autant que si je saisis bien, il s'agit de limace fondue. Inutile de préciser que toutes les limaces présentes sur ces photos sont mortes. Et c'est bien fait pour elles.

7 commentaires:

Sam a dit…

Tu es plus cruel qu'un orgre et qu'un arracheur de dents (aujourd'hui appelé dentiste ou stomatologue, selon)réunis...

Jonas a dit…

Bravo, y'a Noémie qui s'est mise à pleurer...

C'est ENA votre blog, faut le mentionner !

Tuer tout plein de gentilles limaces pour un vulgaire radis. En plus les radis c'est caca, tu ferais mieux de faire pousser des éclairs au chocolat.

Anonyme a dit…

merci Antoine, j'ai bien rigolé :)

Antoine a dit…

jonas -> j'avais pensé à planter un spaghettitier, mais c'est pas la saison...

blutske a dit…

Toutes ces limaces c'est à cause du moi d'avril (c'est la télé qui l'a dit)
Tu peux les saouler à la bière (mais ça attire les hérissons aussi)
Tu peux les déshydrater au sel mais c'est cruel
Tu peux les intoxiquer à la cendre de cigarettes

Antoine a dit…

Debluts, si tu avais lu attentivement, tu aurais compris que j'ai été scandaleusement cruel avec ces pauvres bêtes, puisque j'ai utilisé des granulés bleus qui les ont fait fondre comme du sel. D'ailleurs, je ne le savais pas encore hier, mais en fait elles n'étaient pas vraiment toutes mortes ! Certaines étaient encore en train d'agoniser, le ventre fondu, quand je les ai ramassées tout à l'heure (d'autres avaient des grosses bulles gluantes qui leur poussaient). Si après ça, je ne passe pas pour un tortionnaire...

timo a dit…

Je pense au pauv' chat des voisins, occupé à mourir derrière le mur, en regardant les bulles bleues qui lui poussent entre orteils pendant que ses poils fondent... Rappelle-moi que je n'aime pas les radis, le jour ou tu m'en offres.